>Vases communicants avec Lephauste

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Pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait de nouveaux sites… ». Ainsi sont nés les vases communicants, à l’initiative de François Bon.

Aujourd’hui, j’écris chez Lephauste sur son blog Humeur Noirte, et j’accueille son texte ici.

DÉGOUPILLÉE

“Tordu, torride, à sec, sans plus d’ambages, je la clÔquais aux chevilles. Elle plia sur les graviers, un gadin sans les gradins, sans public, seul à seul, à quatre pattes, sans faire un pas. Et s’écÔrcha un peu le cÔrsage en essayant de retenir sa jupe.

J’avais des lettres de nÔblesse, un peu. Je les lui plaquais aux fesses beaucoup et je l’Ôuvris à l’index, en commençant par la lettre Ô. Je trouvais là le mÔ qu’il fÔ et le lui murmurais à l’oreille. Juste le mot juste, qu’on ne saurait dire ici. Un de ces mÔ qui cÔmmencent par Ô et se finissent en ÔnÔmatÔpées, à la syncÔpe près. Elle me fit un Ôui décÔché en déballant son chignÔn lâche.

Une grenade, une offensive vous voulez dire ? C’est simple. Vous la prenez bien en main, vous l’assurez, la tenez ferme comme un nichon, même menu, mais volontaire. Puis vous cherchez la cible, si possible pas trop près de vos tympans, en glissant un doigt nerveux dans l’anneau de la goupille. Quand vous avez trouvé la cible, si possible pas trop loin des écorces qui vous pressent, vous lancez un dernier regard tendre à l’objet de vos délits, à ces mains pleines d’innocents devenus manchots à force d’aimer de loin en moins. Le tendre objet de vos délices. Et là d’un coup sec…

Tordu, torride et sans plus d’ambages, je l’enculai en plein midi de son cadran solaire. Pile à l’heure ! Me fit-elle savoir en soufflant une mèche dans la buée dégoûtante de la lunette arrière. Ce que c’est que d’aimer tout de même, d’aimer à ce point les armes déchiquetées du combat rapproché.”

Lephauste

J’aime la plume de cet homme d’humeur Noirte. Sur son blog, il frappe souvent avec des pognes maroquinées, mais quand il est invité chez une dame, il les glisse plus volontiers sur du papier chiffon.

Les autres vases communicants :

François Bon & Pierre Ménard
Martine Sonnet & Pierre Cohen-Hadria
Anthony Poiraudeau & Michel Brosseau
Leroy K. May & Marie-Hélène Voyer
Thomas Vinau & La Méduse et le Renard
Robinson en ville & Danièle Momont
Cécile Portier & Jérôme Denis
Bertrand Redonnet & Juliette Mézenc
Old Gibi & Enfantissages
Daniel Bourrion & Olivier Guéry
Anne Savelli & Christine Jeanney
Zoë Lucider & Clopine

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