L’Impératif numéro cinq

Dans le numéro cinq de L’Impératif, la revue publiée par Jacques Flament Éditions, dix artistes se prêtent au jeu des questions-réponses sur le thème « être artiste et auteur en 2017 ». Mon amie l’écrivaine Astrid Waliszek est du nombre, et c’est avec plaisir que je lui tiens le crachoir. Extrait de nos échanges : A.W : « […] Il n’y avait chez moi que des livres en allemand gothique, au grenier ; la lecture n’existait plus dans la famille, la guerre avait tout détruit. Puis en quelle langue lire ? Chacun dans la famille avait une langue maternelle différente : ma grand-mère … Continuer de lire L’Impératif numéro cinq

Annie Saumont (1927-2017)

Annie Saumont, Mum a dit, extrait de « Les Croissants du dimanche » – éd. Julliard, 2008 (p.77-79) « De quoi ils se mêlent, elle a dit, en rogne. Ceux-là du gouvernement. On pourra plus fesser les gamins y a du progrès. On se crève à les élever et ces messieurs font des lois pour RETENIR LE BRAS TROP PROMPT À FRAPPER. Prompt ? Barny, regarde dans le dictionnaire. Des enfants meurent sous les coups. La belle blague. C’est pas mortel la fessée. Moi je trouve que. Moi j’aime pas. Même si Mum me commande jamais d’enlever le slip. Sa main est dure. … Continuer de lire Annie Saumont (1927-2017)

Palimpseste, pas la sieste non plus

Démarrer son texte, tranquille Émile, parce que ça coule comme à Niagara. Circa 80.000 signes (si, si. Quand tu écris, le signe est bel et bien une unité de temps, donc circa), tu te rases la tête au coupe-ongles parce que tu t’aperçois que ton temps de narration, le passé simple, ne convient pas du tout avec le fond de ton récit. Au temps pour toi, tu réécris tout au présent. Circa 150.000 signes, putain de merde ! c’est quoi ce temps de narration d’analphabète ? Fallait garder le passé simple, connasse ! Au second temps pour toi, tu réécris … Continuer de lire Palimpseste, pas la sieste non plus

Les Ombres Nomades d’Astrid Waliszek

L‘expression populaire dit volontiers que l’on ment comme un témoin oculaire. Astrid Waliszek, elle, a l’acuité visuelle d’un milan.   « Au loin, un marin marche le long  de la digue, tout près du bord comme s’il jouait avec l’idée d’un vertige, l’oeil vissé sur les moellons de pierre appareillée qui plongent dans la vase lisse et veloutée. J’ai suivi des yeux un moment l’étrange silhouette à contre-jour, grande et un peu cassée, légèrement claudicante — une mèche s’obstine à tomber, il se passe souvent la main dans les cheveux et dans le triangle de son bras levé naît à chaque … Continuer de lire Les Ombres Nomades d’Astrid Waliszek

Spoon River — Edgar Lee Masters

Savez-vous que Spoon River, d’Edgar Lee Masters, est un chef-d’œuvre paru pour la première fois en avril 1915 ? Savez-vous que Le Nouvel Attila réédite cette merveille avec une nouvelle traduction ? Savez-vous qu’il y a une colline au-dessus de la rivière Spoon sur laquelle il y a un éparpillement de pierres tombales porteuses d’épitaphes par lesquelles les morts parlent et se répondent ? Savez-vous que cette idée de procédé est inspirée de l’Anthologie Antique ? Savez-vous qu’il s’agit de prose poétique chez les rednecks au début du XXème siècle ? Savez-vous que je possède l’édition de 1976 chez Champ … Continuer de lire Spoon River — Edgar Lee Masters