Pastiche par temps bleu, pastiche délicieux #1

Je suis né le 10 mars 1951 à l’hôpital LARIBOISIÈRE au 2 de la rue Ambroise-Paré, dans le dixième arrondissement de Paris. Il faisait un doux soleil de fin d’hiver si j’en crois les photos que j’ai pu regarder dans les coupures des journaux trouvés dans les affaires de ma mère. J’avais douze ans la…

Je découvre aujourd’hui, dans un roman de Modiano, une page entière sans la moindre phrase à la forme interrogative (p.19). Forcément, le doute s’installe : est-il bien l’auteur de son livre ?  

Le Garçon d’à côté

Les jappements d’un chien Ont cessé longtemps après l’heure du bain. Dans le coffre de la voiture Des voisins (des gens très bien), L’empreinte humide du petit Arthur A séché comme les mûres Accrochées au grillage de sa maison Qu’il n’a pas vues noircir. On a trouvé dans son cahier Caché dans le pupitre De…

La perdrix Béatrix

  CE MATIN, LA PLUIE EST SI FINE qu’on ne la devine pas. Si fine, que sa percussion sur le toit de la véranda fait d’abord penser à la déambulation des oiseaux qui logent ici au jardin. Pourtant, si l’on y prête bien attention, l’on finit par s’étonner qu’ils soient si nombreux et alors le…

Chante, rossignol, chante !

Je rêve de tomber sur une critique littéraire qui donne envie de lire un livre sans le secours d’une louange hyperbolique.J’ai un rossignol dans mon jardin qui fait déjà très bien le job depuis quelques nuits pour choper de la femelle, et plus je l’écoute, plus j’en déduis que la surenchère est l’ennemie du bien.

Tandis que le roman agonise

NOUS SOMMES DÉBUT AVRIL ET les giboulées sur l’Astarac nous harcèlent encore par intermittence. Le temps qu’il fait emboîte le pas des romanciers : leur époque s’en va, et le coup de chaud qui étrille les continents depuis quelques années nous souffle dans le cou avec la menace d’une balle dans la nuque. Faudrait-il davantage…

Mon corps n’est pas une écriture fluide

Je reconnais, à l’orée de ma vieillesse, une occasion singulière où ma pratique de l’écriture peut être comparée à un acte d’amour : c’est quand je fais tomber mon stylo ; car, comme l’a déclamé une poétesse du vingtième siècle dans son célèbre ennéasyllabe : « aimer, c’est pleurer quand on s’incline ».