Les saisons de Koumi

Album 3-6 ans :
***
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© Francesco Pittau

Un jour d’avril, Koumi se promène dans un dessin de printemps. Il en est si content qu’il chante à tue-tête

au milieu d’une prairie kaki.
 Les grandes personnes rouspètent :
« Quel malheur ! Tout ce gazon qu’il faut couper. »
Mais Koumi, tout ce qu’il voit,
ce sont des haricots magiques et des petits pois.
 Il demande alors au farfadet
qui a semé tous ces légumes.
L’esprit follet montre l’océan
et Koumi enfin comprend :
Les sirènes les offrent en cadeau
contre des algues à livrer par bateaux.
 *
Un soir de juillet, Koumi rebrousse chemin
dans un dessin d’été.
Il en est si content
qu’il sifflote de jolies notes
au milieu des champs dorés.
Les jardiniers s’exclament :
« Quel bonheur ! Tout ce bon blé qui a poussé. »
Mais Koumi, tout ce qu’il voit,
ce sont des pépites et des trésors.
Il demande alors au renard
s’il a jeté tous ses avoirs.
L’animal montre la nuit
et enfin comprend Koumi :
Les étoiles pleurent de l’or
quand le jour les endort.
 *
Un après-midi d’octobre, Koumi se perd
dans un dessin d’automne.
Il en est si inquiet
qu’il n’admire pas les jolis rouges
au milieu des fougères fardées.
Les parents s’épouvantent :
« Quel malheur ! Tout ce vent, c’est lui qui nous l’a enlevé.»
Mais Koumi, tout ce qu’il voit,
ce sont des noisettes et des glands.
Il demande alors à l’écureuil
s’il compte bientôt en faire provision.
Le rongeur montre le chemin
et Koumi comprend enfin :
Les graines laissées font un trajet
qui reconduit à la maison.
 *
Un matin de janvier, Koumi se réveille
dans un dessin d’hiver.
Il en est si content
qu’il danse la zumba
au milieu du paysage tout blanc.
Les enfants s’écrient :
« Quel bonheur ! Toute cette neige qui est tombée. »
Mais Koumi,
tout ce qu’il voit,
ce sont des perles et des diamants.
Il demande alors au hibou
s’il a jeté tous ses bijoux.
L’oiseau montre le ciel
et Koumi comprend enfin tout :
Ce sont les nuages dodus et gelés
qui ont craqué tous leurs colliers.

Un chat, deux oiseaux, une douche

Deux fauvettes
Ont sur la tête
Une petite tache humide et grasse
Que le soleil peine à sécher.

Ça les embête
Mais comment faire
Pour se laver
Sans faire trempette ?

La première est très touchée
Et se frotte avec ardeur
De la calotte jusqu’au bec
À un gros éclat d’écorce
Tombé de la branche
D’un noyer.

La seconde, juste effleurée
S’offre au souffle d’un enfant
Qui fait tourner
Mieux que le vent
Une éolienne chamarrée.

C’ est le crachat
D’un gros chat
Qu’elles ont reçu
Sur la tête
Un matou vieux et lent
Qui ne chasse plus
Qu’en tremblant.

Alors il guette
En haut des arbres
À l’affût du moindre oiseau
Et fait pleuvoir des postillons
Qui touchent parfois
Des oisillons.

Poésie jeunesse, extraite du recueil « Comme un coup de patte sur la truffe »


Éryk Lipinski


Illustration : Éryk Lipinski

Nananère

Je m’en fiche j’ai
Un secret

Alors tu peux mal
Me parler
Devant les autres

Je m’en fiche j’ai
Un secret

Alors tu peux
Me faire pleurer
En ne jouant
Qu’avec les autres

Je m’en fiche j’ai
Un secret

Alors à quoi bon
Te moquer
En t’esclaffant
Avec les autres

Je m’en fiche j’ai
Un secret

Alors tant pis si
Pour rentrer
Tu prends le car
Avec les autres

Je m’en fiche j’ai
Un secret

Ton père va
Épouser ma mère
Et nous allons
devenir frères.
(projet recueil jeunesse)